À Bouaké, le village d’Allokokro hausse le ton. Situé sur l’axe Bouaké–Diabo, à seulement quelques kilomètres du centre-ville, ce village reste toujours non desservi par les autobus de la SOTRA, contrairement à plusieurs autres localités périphériques ayant déjà bénéficié d’un terminus.

Depuis l’arrivée de la Société de Transport Abidjanaise à Bouaké en 2021, plusieurs lignes ont été réajustées pour mieux couvrir les zones éloignées. Des villages comme Pitiessi, Kahankro, Kongodékro, Kouassiblekro ou encore Minankro profitent aujourd’hui d’un accès facilité au transport public grâce à des terminus aménagés.

Mais à Allokokro, la situation demeure inchangée. Pourtant, le village se trouve à proximité du terminus de la ligne 302, situé à la Cité CIDT. Une absence de desserte jugée incompréhensible par les habitants, qui dénoncent une forme de discrimination.
Fonctionnaires, commerçants, élèves et étudiants vivant dans ce village font face quotidiennement à de grandes difficultés pour rallier le centre-ville. Pour eux, l’installation d’un terminus à Allokokro serait une réponse logique à une demande croissante de mobilité.

Les populations interpellent directement le ministre des Transports, Amadou Koné, ainsi que les responsables de la SOTRA, afin qu’ils se saisissent de cette problématique devenue urgente.
Au-delà d’Allokokro, plusieurs villages voisins comme Takikro, Amanikro et Diabo-Sokoura pourraient également bénéficier de cette extension, offrant à la SOTRA une opportunité d’élargir sa clientèle tout en améliorant le service public.

Selon certaines indiscrétions relayées sur place, une étude aurait été engagée depuis plus de deux ans pour examiner cette éventualité. Mais jusqu’à ce jour, aucune avancée concrète n’a été enregistrée.

Dans le village, certains habitants vont plus loin et évoquent des accusations selon lesquelles Allokokro serait écarté en raison d’une supposée proximité politique avec le PDCI-RDA. Une perception qui alimente le sentiment d’abandon.
Face à cette situation, les populations espèrent une réaction rapide des autorités afin de mettre fin à ce qu’elles considèrent comme une inégalité d’accès au transport urbain à Bouaké. 

Françoise KONAN